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DEGRADATION EVITEE : LA PROBLEMATIQUE POUR LE BASSIN DU CONGO


DEGRADATION EVITEE : LA PROBLEMATIQUE POUR LE BASSIN DU CONGO

Contexte

Les arbres ont pour propriété de prélever du carbone (C) de l’air et de le stocker, tout particulièrement en phase de croissance. Leur abattage (déboisement ou déforestation) ou leur coupe partielle (dégradation) relâchent du CO2 (dioxyde de carbone) dans l’atmosphère.

A la conférence de Bali en décembre dernier, la communauté internationale a décidé d’étudier, en vue d’un accord post-2012, la faisabilité d’incitations financières qui encourageraient les pays tropicaux à diminuer les émissions de leurs forêts [1]. Les pays du Bassin du Congo ont obtenu que les projets pilote, qui doivent être lancés dès que possible, portent non seulement sur la déforestation mais également sur la dégradation. Un récent séminaire [2], réunissant les experts gouvernementaux de la région et de pays bailleurs, a illustré la complexité du dossier.

Parmi les pays du Bassin du Congo seuls la RDC et le Cameroun font face à la fois à la déforestation et à la dégradation, indique M. Vincent Kasulu, directeur du Développement durable à Kinshasa. Les autres (République du Congo, Gabon, Guinée-Equatoriale et RCA) sont confrontés uniquement à la dégradation. Au total la région est l’un des trois grands bassins forestiers de la planète avec l’Amazonie et Bornéo. Mais son taux annuel de déforestation et de dégradation [3] est très inférieur aux deux autres, rappellent deux experts européens, Philippe Mayaux (JRC - Centre Commun de Recherche de la Commission européenne) et Stéphane Guéneau (IDDRI - Paris) : 0,17% pour la déforestation (contre 0,33% en Amérique latine et 0,71% en Asie du sud-est) et 0,1% pour la dégradation (contre 1% et 1,4% respectivement). Un niveau de développement et une pression démographique moindres expliquent ce phénomène.

Propositions sur la table

Pour combattre la déforestation, la principale idée avancée est liée à la réforme post-2012 du Mécanisme de développement propre (MDP-CDM) du protocole de Kyoto : les pays tropicaux s’engageraient à réduire à l’avenir leur taux de déforestation (et de dégradation, le cas échéant) en échange de droits d’émissions qu’ils pourraient monnayer sur les marchés. Les titres pourraient récompenser des politiques nationales et non plus des projets locaux comme actuellement dans le MDP. Brésil et Afrique Centrale ont présenté des contre-propositions.

Le Brésil rejette le recours aux mécanismes de marché, notamment parce qu’il redoute un effondrement du prix des droits d’émission si le MDP est élargi aux forêts. Il demande la création d’un fonds spécial financé par les pays riches pour récompenser les pays combattant la déforestation et reste hostile à l’élargissement du mécanisme à la dégradation.

Les pays du Bassin du Congo ne rejettent pas le recours au marché mais craignent d’avoir une faible part du gâteau compte-tenu de leur taux plus faible de déforestation et de dégradation. Ils sont surtout intéressés à être rémunérés pour combattre cette dernière. Ils proposent donc de couper la poire en deux : le marché des droits d’émission pour la « déforestation évitée » et un fonds spécial qui récompenserait la lutte contre la dégradation ainsi que, le cas échéant, la conservation (création d’aires protégées et autres mesures prises pour maintenir le stock de carbone des forêts tropicales, préserver la biodiversité de ces écosystèmes et protéger les communautés locales) [4]. La « dégradation évitée » serait récompensée sur la base des surfaces sous gestion forestière, au motif que cette dernière, telle que pratiquée dans la région (1 ou 3 arbres coupés à l’hectare), non seulement ne contribue pas à la dégradation (reconstitution de la végétation et du stock de carbone en 20/30 ans) mais est le seul moyen de combattre la déforestation massive qui va accompagner inévitablement le développement de l’Afrique centrale dans les années à venir.

Tâche ardue en perspective

Quel que soit le mécanisme retenu, il nécessitera la mise au point d’un scénario tendanciel d’émissions. Pour ce faire, ont martelé les experts, il faut d’abord se mettre d’accord sur les activités à l’origine de la dégradation. Il faudra ensuite estimer les émissions passées et actuelles et évaluer la hausse prévisible des émissions liée au développement économique attendu de la région. Ce ne sera pas chose facile. Les observations satellitaires devront être accrues (installation d’une station de réception permanente) tout comme les enquêtes de terrain. Les premières devront être coordonnées avec les secondes. Les forestiers privés devront être dédommagés afin qu’ils mesurent les paramètres liés au climat dans les inventaires de leurs parcelles. Enfin il faudra aider les gouvernements à établir de nouveaux inventaires nationaux. En République du Congo par exemple, relève M. Mayaux, le dernier inventaire national complet remonte à 1967.



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