Les deux postulants à la succession du président George W. Bush sortis vainqueurs des primaires, le Républicain John McCain et le Démocrate Barack Obama, sont favorables à une réduction contraignante des émissions américaines de gaz à effet de serre et à une participation active des Etats-Unis aux négociations climatiques internationales. Ils privilégient l’un et l’autre le recours à des échanges de droits d’émission de gaz à effet de serre (« cap and trade », plafonner et échanger les quotas d’émissions attribués par les pouvoirs publics). Point commun avec l’administration sortante, ils promettent d’accélérer la recherche-développement dans les nouvelles technologies de l’énergie, captage et stockage du CO2 (CSC-CCS) et biocarburants de 2ème génération notamment. Et ils soulignent à l’unisson qu’il faut tout faire pour que « des technologies américaines » soient transférées aux pays du Sud.
Vétéran du sénat où il siège pour l’Arizona, M. McCain a très tôt été en pointe sur la question climatique. Il a défendu trois propositions de loi « cap and trade » depuis 2003 qui ont été attaquées par ses collègues républicains et ont connu des fortunes diverses. Face à la nécessité de rassembler son camp pour la présidentielle du 4 novembre, M. McCain affiche sur le climat des positions jugées « faibles » par les écologistes. Il n’a intégré que très récemment le changement climatique dans son site officiel de campagne. Après une première allocution substantielle le 10 décembre, il a choisi le 12 mai le siège d’un industriel de l’éolien pour un discours-programme sur le sujet. A l’opposé, M. Obama paraît avoir mis la barre plus haut même si les idées développées par le sénateur de l’Illinois, un Etat charbonnier, ne sont pas toujours dénuées d’ambiguïtés. Il a inclus, dès le départ, le climat dans son programme officiel et consacré un discours à cette problématique dès octobre 2007. Sur la base de ces documents, voici les principaux engagements des deux candidats :
Objectifs quantifiés 2050 : moins 60% par rapport à 1990 (McCain). Moins 80% par rapport à 1990 (Obama)
Objectifs intermédiaires : stabiliser les émissions en 2012 à 18% au dessus du niveau de 1990, retrouver en 2020 le niveau de 1990, moins 22% en 2030 par rapport à 1990 (McCain). « Démarrage immédiat » des réductions et objectifs intermédiaires 2020, 2030 et 2040 mais pas de précision chiffrée (Obama).
Quotas : mise aux enchères dès le départ à 100% (Obama). Mise aux enchères par étapes mais seulement dans un 2ème temps et pas de pourcentages précisés (McCain).
Norme de consommation des voitures : 52 miles par gallon (mpg) en 2026 (Obama). M. McCain se dit favorable à un renforcement sans autre précision. En 2003 il s’était opposé à un amendement qui aurait porté la norme à 40 mpg en 2015. Il n’a pas participé en décembre dernier au vote de la loi sur l’énergie 2007, qui porte la norme à 35 mpg en 2020. La valeur actuellement en vigueur est de 27,5 mpg (8,5 litres aux 100 km environ).
Intensité énergétique de l’économie (consommation d’énergie par unité de produit intérieur brut) : division par deux en 2030 (Obama). Pas d’objectif chiffré (McCain).
Energies renouvelables : pour une législation fédérale fixant un pourcentage de 25% de renouvelables dans la consommation d’électricité (Obama). Favorable au développement des ENR mais estime que la réglementation est du ressort des Etats fédérés (McCain).
Centrales au charbon : favorable à la construction de nouvelles centrales, sous réserve qu’elles puissent être équipées ultérieurement pour le captage et le stockage du CO2 (McCain). Position ambiguë de M. Obama.
Nucléaire : favorable à la construction de nouvelles centrales (McCain). Pas de sortie du nucléaire, déclarations floues sur l’augmentation du parc (Obama).
Adaptation aux impacts du changement climatique : M. McCain annonce un Plan national. Le sujet est absent du programme de M. Obama.
International : participer « activement » aux négociations de l’ONU et fournir des « incitations pour une participation rapide de l’Inde et de la Chine » aux efforts de réduction de la communauté internationale (McCain). « Forum » de grands pays émetteurs et négociations en parallèle dans le cadre de l’ONU (Obama).